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Récit de la rando-Excursion de l'oriental (Tafoughalt-SIBE de Beni Snassen-Cap de l'eau-saidia) 01-04 janvier 2015.

 
 
Par :
   
Fatima Zohra El Meriague
   
 

        Après une belle et  tumultueuse soirée de réveillon en compagnie de mes amis, je fais ma valise très tôt le matin en direction de l’IAV, le point de départ d’une randonnée dans la région de Tafoughalt. N’ayant pas fait de voyage de groupe depuis longtemps, j’étais excitée à l’idée de partager une virée dans l’oriental, de découvrir ses sites naturelles d’une région qui m’est inconnue. Equipée à moitié,  je me dirige presque endormie vers le lieu de rencontre. La première arrivée, j’attendais l’apparition des autres membres du groupe dont j’allais faire connaissance. Soudain, j’aperçois la tête souriante de l’organisateur que j’ai eu l’occasion de rencontrer pendant la soirée de Noel une semaine auparavant. Occupé à scruter la liste des participants, Jamal me souhaite la bienvenue dans son groupe qui s’agrandissait au fil du temps avec l’arrivée d’autres personnes, l’air motivé, les valises dans les mains. A la vue des sacs de randonnées de certains habitués, je me rends compte de l’équipement médiocre qui est le mien, mais je me résous à penser que je ferais avec (vu que c’est ma première expérience en randonnée). Un refrain s’accapare de mes pensées à ce moment précis et je répète à voix basse : l’essentiel, c’est de participer, gouter à quelque chose de nouveau, expérimenter, partager. Quelques minutes plutard, le minibus démarre en direction de l’aventure tellement attendue. Durant le trajet, j’échangeais quelques mots avec mes nouveaux compagnons de voyage, je me rendors,  me réveille, entame une discussion  puis, fatiguée après la soirée,  me rendors. L’heure du déjeuner arriva. Nous nous arrêtons à Oued Amlil ou on nous gava de délicieuses grillades et d’un thé aux herbes (Tekhlita) bien sucré. Le trajet était assez long. Nous arrivons enfin à destination : Tafoughalt, la nuit est très calme mais glaciale. Nous descendons du minibus et regagnons par groupe de 3 ou 4 des chalets joliment disposés au cœur de la forêt. Il faisait jusqu’à -4 degrés et je commençais à me demander ce que je faisais là et pourquoi j’ai quitté mon confort Rbati. Après une petite plainte auprès de Jamal quant au logement (ou je n’avais pas de chambre à moi), il a eu la gentillesse d’interchanger les chalets afin que je puisse avoir une chambre.

        Après s’être installés, nous prenons la route (une belle montée) dans le froid glacial vers Dar Taliba, (Janah Doukour), ou on nous attendait pour diner. Le repas était comme une sorte de bouée de sauvetage, nous réchauffa. Mais ce qui nous réchauffa le plus, c’est le chaleureux accueil du Président de l’Association de Bienfaisance de Dar Talib, un homme d’un grand cœur qui nous fait une présentation de l’endroit, son historique et n’oublie pas de faire appel à son sens de l’humour en nous entrainant dans une sorte de répétition de slogans sympathiques et conviviaux. Après une bonne Tiklika, nous regagnons les chalets.
Il fallait se coucher tôt car le lendemain, du boulot nous attendait. Après un long trajet, un sommeil perturbé, je me résous le lendemain à rester confortablement dans la chambre. J’avais peur de sortir et de geler à l’extérieur. Je me sentais trop fatiguée pour avoir à parcourir des kilomètres, encore moins à escalader une montagne. Je reste sous la couette. Jamal m’appelle au téléphone pour me demander de rejoindre le groupe et je refuse (il a du se dire, mais qu’est ce qu’elle est venue faire ici ?, elle est chiante). Ma copine Mariame et ma colocatrice du chalet Leila viennent me tirer de la couette mais en vain. Je ne voulais pas renoncer à cette chaleur que j’appréciais tant. Je retourne me coucher, Mariame retente le coup et m’appelle avec Younes pour tenter de me convaincre. Enfin, je cède et me résous à sortir de ma zone de confort pour tenter l’aventure. On rejoint par la suite le reste du groupe qui était déjà au sommet de la pente ou siège une ancienne caserne militaire du temps de Lyautey. La vue d’en haut est sublime. On prend quelques photos et puis on continue le trajet, on arpente les sentiers, monte et descend les pentes. Essoufflée, c’est la première fois que j’escalade une montagne de presque 900 m (tracé du circuit en bas).

       Après des efforts acharnés, des souffles coupés, des sueurs diffuses, une vue extraordinaire s’offre à moi, généreuse par sa verdure, rayonnante par sa fraicheur. Un sentiment de liberté monte en moi, me donne le frisson. Je sens tenir le monde entier entre mes mains. J’étais le géant au piédestal d’une nature d’une beauté exorbitante.  Je commence à apprécier cette marche, tellement pénible mais agréable à la fois. Agréable par son effet magique sur l’âme, par la beauté des paysages quelle nous fait découvrir, par la splendeur des moments partagés. L’heure du déjeuner sonne. On s’arrête à bord d’une source pour déguster nos sandwichs puis une sieste de quelques minutes s’impose accompagnée par la musique orchestrée des flots de la source. On se divise par la suite en deux groupes : circuit Hard et soft. Je choisis bien sûr le soft qui consiste à retourner sur terre goudronnée vers les chalets. Notre arrivée a été précipitée par un autostop réussi et un transport en camionnette venu au bon moment. On s’arrête pour prendre un thé, on visite la grotte des pigeons puis on retourne aux chalets. Suite à  presque 15 km de marche, Je ne pouvais plus me mettre debout. Après une bonne douche, je glisse sous la couette, toute en courbatures et laissa tomber l’animation du soir. Pourtant, j’adore faire la fête. Mais bon, quand on ne peut pas, on ne peut pas. Après une bonne nuit de sommeil, je me réveille en forme. Le thème de la journée est la mer.

       Après une bonne tiklika au déjeuner, on se dirige vers cap de l’eau. Au milieu de la route, on s’arrête pour visiter une ferme. On se demande ce qu’elle a de particulier. Une dame débarque et salue le groupe. Elle commence à parler de son activité associative au sein de cette ferme. Le concept est original et d’une première au Maroc. La  dame à la parole juste et sereine s’occupe d’enseigner aux jeunes trisomiques et souffrants de retard mental l’équithérapie (la thérapie par le cheval). Les bienfaits de cette méthode sont remarquables. Son dévouement pour la cause, sa détermination malgré les obstacles et sa grandeur d’âme nous laissa perplexe. Emus, nous continuons notre route vers cap de l’eau. Une belle vue sur les iles Zaffarines s’offre à nous et une séance shooting s’impose. Le déjeuner est prévu sur place. Un festin de poisson ravit nos papilles et on se dirige par la suite à la marina de saidia où on fait une balade en bateau puis un tour en minibus à la corniche. Au chemin du retour, on s’arrête à la Zaouia Boudchichia  où est prévue une conférence mondiale sur le soufisme. Un grand événement intéressant qu’on a eu l’occasion de découvrir par coïncidence. Avide de savoir et curieuse à la fois, Je voulais rester pour assister moi et Leila mais le reste du groupe veut rentrer car on nous attendait pour diner à Tafoughalt. Encore un festin : soupe au poisson et un couscous aux céréales à la façon traditionnelle. Il est temps de digérer tout çà. Rien de plus efficace qu’une soirée déchaînée animée par Jalal. Tous les rythmes musicaux s’entremêlent, de la salsa en passant par le Rock, le chaibi biensur et j’en passe. Bref, c’était une grande fiesta. Le Lendemain, le séjour touche à sa fin, on reprend la route en direction de Rabat. L’animation dans le minibus est tellement intéressante qu’on ne sent pas le trajet. Retour à la vie citadine stressante.

Mot de la fin :)
J’ai rencontré des gens sympathiques pendant ce voyage, appris à me surpasser et respirer une bonne bouffée d’air et de liberté. Je remercie tous les membres du groupe et surtout Jamal qui m’a accueilli parmi eux (malgré les bêtises hhh :)).